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  Dans les coulisses de la régate Léman-sur-mer    Septembre 2023

Comment s'organise une régate ? Plus précisément celle qui va avoir lieu ce 14 octobre, Léman-sur-mer ? Quels sont les dessous d'un tel événement ? Fanny, Natacha, Lauriane, nous ont raconté les soucis, les découvertes, les incontournables. 
En résumé, 12 éléments qu'on ne soupçonne pas forcément !

1. Très casse-pied : Gonfler les bouées. Oui, pas de parcours sans bouées, et celles-ci, empruntées au club de Thonon et au club de voile de Vidy, se laissent très mal gonfler avec notre compresseur, beaucoup trop lent. Donc après tâtonnements, recours au compresseur de Claude. Qui est Claude ?

2. L'homme providentiel : Claude Dubouloz, président du club de Thonon. Organisateur des championnats du monde d'aviron de mer 2017, des championnats de France 2013, de la régate des neiges qui a lieu tous les hivers (mais pas le dernier), il est notre soutien en tout. Car il sait tout, il sait tout faire. C'est le chef de la course... Sans lui, pas de Léman-sur-mer.

3. Très casse-pied bis : Installer le système de signal de départ visuel sur le bateau start. Car pour donner le départ, il y a non seulement les klaxons (qu'amène Claude et qui peuvent s'avérer tout à coup aphones, oui oui ça arrive), mais l'abaissement de trois (petites) bouées, ou d'une puis de deux... y en a trois en tout !). Eh bien ce système de hissage est supercompliqué, et le club de voile de Vidy qui fournit le bateau-start emploie un autre système pour ses régates. Donc arrachage de cheveux... (mais au final, ça joue).

4. Mille ressources à dénicher : Des bateaux à moteur pour les arbitres, accessoirement des pilotes de bateaux à moteur pour les conduire! On demande aux copains... on trouve... (Merci Mike, Cornelia) + des plongeurs pour le sauvetage (mince ! ça tombe mal pour eux avec les vacances scolaires...) + des bénévoles, des bénévoles et encore des bénévoles, pour l'accueil des concurrents, pour la cuisine, et pour... la borne ! Oui il faut aller baisser la borne qui bloque l'entrée ET la sortie du port et du parc. Pour cela, il faut une carte et donc un humain (Lauriane et Natacha aimeraient bien avoir du renfort...) qui la tienne, et qui, généralement, attend... car personne (constructeurs, livreurs) n'arrive à l'heure précise et tout le monde part en décalé.

5. Le chemin de l'ambulance à définir : Eh mais c'est vrai, par où pourrait-elle bien passer ? entre les bateaux ? les chariots ? Toutes les possibilités ont dû être réfléchies. Finalement, la personne évanouie ou mal en point – qui se sera pris une rame en travers de la tronche ou brûlé la main avec un hamburger en feu – sera amenée sur un brancard sous la grue du port de Vidy... où foncera l'ambulance. (Un scénario signé Florent, pompier au civil).

6. Très casse-pied (ter) : La gestion du bordel administratif... Il y a les inscriptions, et la procédure (qui change chaque année) passe par le logiciel de la fédération suisse, le Regasoft. Quid des inscrits étrangers ? Eh bien il faut adapter... Le tout doit être compatible avec le logiciel de chronométrage et de gestion des résultats qui porte le doux nom de Crewtimer. C'est pas un p'tit boulot. Tout doit aller supervite. Heureusement qu'il y a des informaticiens qui rament... (Jean-David, Sofia)

7. La question (encore) en suspens : Est-ce que les deux bouées du parcours prévu qui mordent sur la route de la CGN (horaires d'automne) vont gêner le capitaine ? On attend sa réponse. Plutôt son OK... Trois semaines avant la régate : ouf, c'est bon ! Le capitaine a promis d'éviter les petits bateaux à rame qui seront dans sa zone...

8. L'exploit qu'on peut s'éviter : Amener la yole Plume de la Nana sur son charriot, depuis Ouchy via la route ! Cela a été tenté l'an dernier, mais des obstacles insurmontables s'étant présentés devant la piscine de Bellerive, Plume (qui fait son poids) a dû être ramenée à son point de départ pour filer sur l'eau derrière un bateau moteur... tandis que le charriot repartait à vide tiré par 4 bras même pas particulièrement musclés et arrivait au LSA. Tout ça pour un charriot !

9. Le plaisir insoupçonné : Chiller dans la cuisine du voisin Rowing Club, qui a une vue magnifique sur le lac, où tout est en miroir par rapport au LSA et où les escaliers tournent vers la droite. Vraiment cosy!

10. Un problème de sous : Ah la buvette ne désemplit pas ! Mais les gens n'ont plus de cash ! Et ne ramènent pas les consignes... Quel stress !

11. Et tout le reste : choisir les goodies, prévoir les menus du repas des arbitres, loger les officiels qui viennent de loin, trouver comment les cocoler pour qu'ils reviennent l'année prochaine, chercher des sponsors, trouver suffisamment de coques pour tout le monde, faire de la pub, de la pub et encore de la pub pour faire venir des équipages, harceler la presse pour qu'ils parlent de notre belle régate...

12. Et la régate ? Elle court la régate ! On pousse, on se cloque, on s'essouffle, et on ne pense guère aux bonnes âmes – Fanny, Gundula, Lauriane, Marie, Natacha, Romain, Sofia, Thomas – qui depuis des semaines pilotent l'événement...


Loyse

  Interview de Romain, Président du LS Aviron    Lausanne, le 25 juin 2023

Qu'est-ce que tu fais dans la vie?
Je suis géographe de formation et suis actuellement en train de poursuivre un doctorat en géographie quantitative et statistiques. Le principal objectif de ma thèse est de mener des recherches sur les données spatiales, de les analyser en utilisant des modèles statistiques et de les visualiser de manière claire, notamment à travers la création de cartes thématiques. 
Ma dernière publication soumise concerne l'estimation des flux de passagers entre les origines et les destinations dans un réseau de transports en commun, en se basant exclusivement sur des données de montées et de descentes des passagers. Dans mon poste actuel, je suis également chargé de superviser les travaux des étudiants, tant à l'oral qu'à l'écrit, de donner des cours et de répondre aux questions lors des séances de travaux pratiques.

Pour toi c'est quoi, l'aviron?
Pour moi l'aviron est avant tout un sport très complet, qui permet de solliciter l'ensemble du corps sur le plan de l'endurance. La synchronisation des bateaux d'équipe offre la possibilité de développer la confiance mutuelle et de trouver le moment parfait pour faire avancer le bateau ensemble. Quant au skiff, il permet de se confronter uniquement à soi-même et d'éprouver la satisfaction de faire glisser le bateau de manière toujours plus efficace, en identifiant les aspects personnels à travailler.
L'aviron m'a également offert de belles rencontres qui m'ont permis d'évoluer et de mûrir. J'ai eu le plaisir de ramer en tant que jeune homme, de participer à des compétitions et de rencontrer des amis pour la vie. Ressentir l'adrénaline au moment du départ d'une course et le sentiment de la victoire après en franchissant la ligne d'arrivée ont été des moments inoubliables. Plus tard, j'ai également pu découvrir une autre facette de l'aviron, en transmettant ma passion aux jeunes rameurs, en tant que vice-président, puis comme président du club. J'ai également eu l'opportunité de pratiquer l'aviron d'une manière différente de la compétition, et à travers cela, j'ai également rencontré des personnes formidables.

En m'investissant, c'est une manière de rendre au club ce qu'il m'a donné.
Il y a aussi eu des moments plus difficiles, comme ces entraînements auxquels on n'a pas envie de se rendre, lorsque les jambes brûlent sur un test sur l'ergomètre ou encore la déception d'une mauvaise course. Cependant, ces moments m'ont aussi beaucoup appris ! J'ai l'impression que l'aviron possède de multiples facettes et qu'il est toujours possible de trouver une autre forme de ce sport qui nous convient !

Un beau souvenir d'aviron?
Tellement de beaux souvenirs !
Par exemple, lors de ma participation à la Head of the Charles avec Vincent Giorgis, nous sommes arrivés vers 21h à Boston en avion et avons participé à un entraînement à 6h du matin le lendemain. Notre premier lever du soleil américain s'est déroulé sur la Charles river dans un 4x. Rien de plus magnifique que de découvrir cet endroit merveilleux de cette manière !